Il y a des régions qui se découvrent mieux à vélo, et l’Eure-et-Loir en fait clairement partie. À chacun de mes retours dans la région, j’en profite pour enfourcher mon vélo et partir explorer ces routes qui mêlent nature, patrimoine et grands bols d’air. Si vous cherchez des idées de balades faciles et dépaysantes à deux pas de Paris, vous êtes au bon endroit : je vous partage mes itinéraires préférés, testés et approuvés par une Eurélienne !
La vallée du Loir : l’itinéraire douceur en vélo de Bonneval à Illiers-Combray
Cet itinéraire suit une grande partie le Loir, la rivière qui donne son nom au département. C’est un parcours très accessible, presque sans dénivelé. Au départ de Bonneval, surnommée “la Petite Venise de Beauce”, à cause des canaux qui serpentent à travers la ville, on roule souvent juste au bord de l’eau. Les moulins, les passerelles et les jardins qui se déversent dans le Loir créent une ambiance douce et un peu hors du temps.
En quittant le centre historique, on rejoint la véloroute direction Alluyes, un village renommé pour son donjon médiéval (il n’est pas ouvert au public, mais il s’admire de l’extérieur). La route traverse ensuite des plaines légères et de petits hameaux où l’on croise parfois un lièvre qui traverse sans se presser.
Juste avant d’arriver à Illiers-Combray, l’atmosphère change : les paysages deviennent plus vallonnés, plus verdoyants. On longe de jolis chemins bordés d’arbres, parfaits pour casser la routine des longues lignes droites. Sur place, l’arrêt au Pré Catelan est presque obligatoire : c’est un magnifique jardin qui embaume les souvenirs d’enfance de Proust. Idéal pour une pause !
Côté pratique :
- Environ 20 km selon les variantes, aller simple
- Pistes et chemins faciles + quelques petites routes très calmes
- De Bonneval à Illiers-Combray
- Parfait pour une sortie familiale ou pour les cyclistes du dimanche

Vue sur Alluyes © Daniel Jolivet
La Véloscénie : l’itinéraire incontournable depuis Paris
La Véloscénie, c’est le plaisir de quitter Paris à vélo… sans même s’en rendre compte. Le départ se fait souvent depuis Notre-Dame ou la Coulée Verte, direction Massy. Très vite, le bruit de la ville s’éloigne et l’on file sur de belles voies cyclables à travers les parcs de la petite couronne.
L’entrée en Eure-et-Loir se fait après la forêt de Rambouillet. C’est ici que le décor change vraiment. En passant par Épernon, on découvre les premiers villages typiques, les maisons en pierre et les petites rues tranquilles qui annoncent la campagne profonde.
Ensuite, l’itinéraire mène tout droit à Maintenon. Et là, impossible de rester indifférent : le château, l’aqueduc inachevé, les reflets sur le canal… c’est un décor presque irréel. La Véloscénie traverse la ville en douceur, avant de suivre une voie verte très agréable jusqu’à Chartres. Et quel moment lorsque la cathédrale apparaît ! C’est mon panorama préféré du parcours.
Après Chartres, on poursuit vers Fontaine-la-Guyon, puis Pontgouin. L’atmosphère devient plus rurale, plus calme. On roule entre les haies, les petites fermes, les routes bordées d’arbres. Arrivée ensuite à Illiers-Combray, l’un des villages les plus charmants du trajet, chargé de douceur et de littérature. Les ruelles, la rivière, le Pré Catelan… tout invite à faire une vraie pause.
C’est ici, en quittant Illiers-Combray, qu’on s’approche de la frontière sud du département. À partir de là, la Véloscénie continue son chemin vers la Mayenne puis la Normandie, direction le Mont-Saint-Michel. Bye-bye l’Eure-et-Loir !
Pourquoi choisir ce tronçon :
- Un itinéraire progressif : urbain → forêt → campagne → villages
- Très bien balisé et sécurisé
- Environ 100 km (selon le départ choisi)
- De Paris à Illiers-Combray
- Parfait pour un week-end ou une première grande aventure
Rerouvez-le ici sur le site de la Véloscénie.

Vue sur le château de Maintenon © Hervé Devred
Autour de Chartres : lumière et grands horizons à vélo
Parfois, il suffit de s’éloigner un peu du centre pour profiter du calme. Je revois encore mes amis plongés dans l’Eure pendant nos goûters improvisés quand j’étais enfant. Aujourd’hui, je refais la Boucle Chartres – Lèves – Champhol pour retrouver cette ambiance légère. Le panorama sur la cathédrale est superbe, surtout en fin de journée.
Cet itinéraire est parfait si vous voulez profiter de Chartres sans rester dans les rues du centre. On commence souvent depuis les bords de l’Eure, juste en dessous de la cathédrale. Les berges sont aménagées, idéales pour s’échauffer tranquillement.
En remontant vers Lèves, on suit de petites routes ombragées où l’on croise des joggeurs, des pêcheurs… et parfois quelques canards qui se croient prioritaires, comme d’habitude. Cette portion est douce, roulante, et donne une jolie vue sur la vallée de l’Eure.
Ensuite, l’itinéraire file vers Champhol, un faubourg qui offre un vrai contraste. On traverse d’abord une zone plus habitée, puis très vite, les maisons disparaissent au profit des champs. C’est le moment où l’on découvre la cathédrale sous un angle magnifique : elle surgit au loin, immense, comme posée au milieu du blé. Ce point de vue, je l’adore ! Vous retrouverez l’émotion qu’a ressenti l’écrivain Charles Péguy lors de son pèlerinage.
La boucle se referme en revenant doucement vers la ville. Une descente agréable ramène aux quartiers historiques, et si vous revenez en fin d’après-midi, les rayons dorés illuminent les flèches de la cathédrale. Magique !
Infos utiles :
- Environ 12 à 15 km selon le départ
- Très peu de dénivelé
- Chemins partagés mais calmes
- Glace ou café recommandés dans le centre pour finir en beauté !

Vue sur la cathédrale de Chartres © Dinkum
La Beauce : l’itinéraire vélo à travers champs
Cet itinéraire, c’est une plongée dans les grands espaces. Au départ de Châteaudun, direction Orgères, on laisse derrière soi le château accroché à son éperon rocheux pour entrer dans ce paysage typique qu’on surnomme “la mer de blé”. Ici, tout semble plus grand : le ciel, les champs, le silence. Les routes sont droites, souvent très calmes, et on entend presque uniquement le frottement des pneus sur le bitume et le souffle du vent.
On traverse plusieurs villages agricoles où l’on croise aisément un tracteur ou une moissonneuse batteuse. Les maisons basses en pierre, les cours de ferme, les petites églises isolées… ici, on est loin du tourisme de masse ! C’est un itinéraire qui permet vraiment de “se vider la tête” : on pédale, on regarde, on respire, et on se surprend parfois à ralentir juste pour profiter du silence.
En arrivant vers Orgères-en-Beauce, la vue devient encore plus dégagée. Les immenses parcelles agricoles dessinent des bandes dorées ou vertes selon la saison. Au printemps, on roule entre colza éclatant et blé tendre ; en été, les champs dorés vibrent sous la chaleur. On est en plein dans l’essence de la Beauce : un paysage brut qui donne un vrai sentiment d’immensité.
A savoir :
- De Châteaudun à Orgères
- Environ 25 à 30 km selon la route choisie
- Très plat (aucune difficulté majeure)
- Peu d’ombre : prévoir chapeau, crème solaire et beaucoup d’eau

L’Eure-et-Loir n’est pas une région tapageuse. C’est une terre douce, discrète, qui se découvre au rythme du vélo. Ici, on respire, on prend le temps, on profite. Loin des foules, on a l’impression de redécouvrir les joies simples. Si vous cherchez une escapade sincère et authentique, vous êtes au bon endroit !

